Telefax

 
 
 

2003 / MMIII - France / Dora Dorovitch

Origine géographique / Versant du massif central tourné vers l’Atlantique, campagne et espaces pré-citadins. ///

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Franck Valayer (graphisme, guitares, électronique, visuels) Francisco Esteves (instruments additionnels, voix, réalisation artistique) Mika.a (graphisme, basse, textes, éléments visuels, voix) Cédric Salvestri (batterie, traitement littéraire) Guilhem Mo. (textes, guitares, voix).

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Contributions / Thomas Mery, guitariste et chanteur de Purr (traitement sonore, guitares, voix, mixage) Marielle Martin, chanteuse de Playdoh (voix) Fabien Slabrt  (prise de son, mixage).
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Téléfax / / Le projet est né en 1999, dans l’esprit-computer de Franck Valayer, ouvrier de toutes ses nuits, graphiste, caféïnomane, lève-tôt renfrogné accroché à sa machine… Imagination à 380, dans tous les sens, débordante, protéiforme. Curieux empilements de sons et d’univers, micro-constructions dramatiques, fanfares désertées... Une étrange originalité musicale dans un paysage électronique en explosion, à la fin des années 90.  Mais projet électronique solitaire.

Un peu avant l’été 2000, un cd gravé parcourt le réseau postal. Le cachet de la poste indique un petit village de l’ouest de l’Aveyron, ainsi que l’heure et la date à laquelle les paquets ont été envoyés. En attendant demain (1999), sera le point de départ de l’aventure mouvementée du projet Téléfax.

Francisco Esteves, bassiste de Moan et de Rio Torto (Dora Dorovitch/Discograph) travaille à ce moment-là nuit et jour avec Michel Cloup (ex-Diabologum) sur la préparation de l’album d’Experience (Lithium/Virgin). Mais il se jette dans le projet Téléfax avec enthousiasme. Comment ramener à la vie des séquences musicales déterminées ? Comment retrouver la fragilité organique de la musique ? Pour repousser les limites de cette expérience électronique et surtout la ramener sur scène, le duo Téléfax fait appel aux autres membres de Rio Torto, formation de folk post-punk totalement dénuée d’électronique. Téléfax devient un laboratoire.

Photos. Transit postal des enregistrements. Mails, attachés, téléphone, distance. Place de la Poste - Rignac, 21 rue Chevreul – Toulouse, Paris, La Bastide d’Aubrac, St Côme – vallée du Lot. Reconstruire une chair à la musique électronique. Matière organique, fébrile. Introduire le son d’instruments soumis au hasard, à l’énergie, aux désirs ponctuels d’individus. Leurs émotions entrechoquées. Les premiers travaux s’orientent autour d’un titre particulièrement dense, bande son d’un film de vacances pixélisé : Au large de la Sicile. Croisement de rock, d’électronique et de littérature brutale, ce sera le premier jalon d’un album produit à l’origine par Mudah Peach, jeune label français qui signera Téléfax en 2001.

Après un an de préparation, l’enregistrement se déroule en janvier 2002, dans un studio perdu de la campagne aveyronnaise. Durant 20 jours Thomas Mery, ex-Purr (Prohibited Records) forgera la matière électrique, acoustique et électronique d’une œuvre hybride, enregistrée sur bandes analogiques mais parcourue de séquences numériques… Pour développer l’univers de certaines chansons (Our Talk, Rose, Des poussières, Jusqu’aux grands ports…) Marielle M., chanteuse de Playdoh (Ultra Violet) rejoint le groupe. En février 2002, un beau mois ensoleillé, Thomas Mery et l’ingénieur son de Téléfax, Fabien Salabert, s’isoleront du groupe pour mixer, sur  console analogique. Mixage direct, pas de retouches possibles. Cette « matière brute » ne sera pas lissée après réalisation. Ses aspérités, les traces de manufacture, se rattachent aux instants de sa création. Téléfax formule un rock électronique témoin d’ échanges parfois déterminants, ambigus, ou épuisés, entre l’homme et la machine. Où une poésie banale se frotte à l’agencement physique du monde, à la production d’images surabondantes et incontrôlées…

 Le mastering de l’album est confié en Décembre 2002 à Rudy Coclet, du Rising Sun Studio (Bruxelles), l’ingénieur son d’ Arno. Il cherchera lui aussi à préserver la chaleur de l’enregistrement analogique, tout en révélant la densité du tissus sonore à l’aide de filtres numériques.

En créant un univers partiel - un disque - le projet Téléfax ne cherche pourtant pas à se définir exclusivement par la réalisation d’un objet sonore. Téléfax n’appartient pas à un groupe définitif, fonctionnant en circuit fermé,  mais plutôt à une entité onirique dont la première forme, le premier élément matériel de construction, serait cet enregistrement. D’autres éléments devraient peu à peu se construire, autour d’une vie, d’un projet expérimental de vie, parallèle, sur-émotionnelle ou glaciale, secrète, pixélisée jusqu’à l’abstraction. Des courbes de choses invisibles n’est que le tracé à main levée d’un chemin encore incertain…


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